Récits de vie

Naissance : , Saint-Loup-sur-Semouse (70), France
Decès : , EPINAL (88), France
Cimetière d'Épinal, EPINAL (88), France (A 8214)voir la carte »

André VALENTIN, un de ses hommes de l'ombre qui a donné sa vie et son temps à son art, à ses contemporains et à son pays.

Une vie d’artisan et d’artiste mais surtout une vie de syndicaliste,

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SA VIE

Maître Artisan Serrurier - Ferronnier d’Art, il crée un entreprise artisanale en 1936

Il effectue son service militaire d’octobre 1929 à octobre 1930 au 21° d’Aviation à ESSEY LES NANCY et obtient le Brevet de Mécanicien avion et le grade de Caporal.

Mobilisé en Septembre 1939 à la Base Aérienne 121 a AUZAINVILLIERS (Vosges) (base opérationnelle) Compagnie de l’Air d’assistance au sol, Unité Combattante, replié en Juin 1940 avec tout le matériel sur ordre du Commandement, il échappe de justesse à l’encerclement de l’ennemi et rejoint la zone libre.

Il est démobilisé en Août 1940.

Sinistré à cent pour cent, Atelier et Logement en 1940 (immeubles brûlés par les Allemands). Il reconstruit un atelier à la Libération pour participer à la reconstruction des Vosges.
Il désarme et fait prisonnier 6 soldats allemands à la libération d’Epinal en Septembre 1944 dans l’immeuble du 14,Quai de Dogneville.
Pendant l'hiver 1944, il fabrique à la demande des américains un système, transportable à dos de mulets, qui permettra à l'armée américaine de se désembourber des chemins de la montagne vosgienne et de reprendre sa marche triomphale vers l’Allemagne.


Il crée en 1946 le Syndicat Vosgien des Artisans et des Petites Entreprises du Bâtiment.

Président de cet organisme sans interruption de sa création à 1990
Organisme affilié à la Confédération des Artisans et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) dont il fut un des pionniers.

Ainsi, il participe en 1946 à la fondation de la FNAB (Fédération Nationale des Artisans du Bâtiment) qui deviendra CAPEB .

Membre élu de la Commission Administrative Confédérale de 1947 à 1993.
Membre du Bureau Confédéral.
Trésorier Confédéral
Membre d’honneur, à titre exceptionnel, en 1993
Délégué de la 6ième Région.
Président de l’Union Nationale de Serrurerie Métallerie de 1957 à 1962

AU TITRE DE LA CAPEB il exerça les fonctions de :

Membre du Comité de Coordination Central de l’Apprentissage C.C.C.A. (1956-1989)
1° Vice Président de 1980 à1989

Membre de la Commission Nationale des Marchés de l ’Etat du Ministère de l’Economie.

Président de la Commission Nationale de l’Apprentissage Bâtiment

Membre de la Commission Nationale Supérieure de Surcompensation Bt.& T.P.

Membre de la Commission Professionnelle Consultative Bâtiment et T .P.

Il fut également


Membre du Jury National du Concours : Prix de Gestion des Banques Populaires.
Membre du conseil national du crédit (1994)
Représentations Régionales :
Vice-président de la Caisse Congés Payés du Bâtiment de l’Est.
Membre de la Commission Régionale Paritaire de Lorraine.

En ce qui concerne le département des VOSGES, il fut :

Commissaire Départementale de la Société d’Encouragement aux Métiers d’Arts

Président du Syndicat Vosgien des Artisans du Bâtiment CAPEB 88 (1946 -1990).

Président de l ’U.P.A. (Union Professionnelle Artisanale) des Vosges.

Président du C.I.C.A. des Vosges.

Membre associé de la Chambre de Commerce d’Epinal.

Président de l’Association pour la Formation Professionnelle dans le Bâtiment et les Travaux Publics des Vosges (Centre de Formation des Apprentis d’ARCHES(88)).

Membre du Groupement d’Apprentissage du Bâtiment et des travaux publics.

Conseiller de l’Enseignement Technologique.

Commissaire Général Départemental du concours des Meilleurs Ouvriers de France.

Président du Jury d’Examens des C.A.P. des Vosges (Sections Métallerie - Plomberie-Sanitaire)

Membre du conseil de Direction du L.E.P. de Bains les Bains.

En 1949 Président de la Sous Commission F.P.A. des Vosges.

Photos

André VALENTIN - André VALENTIN -

Témoignages

Hommage du président de la CAPEB HOMMAGE A M. ANDRE VALENTIN Avec la disparition d’André, c’est un ami que nous venons de perdre mais c’est aussi un homme de métier incomparable ; et l’un des principaux fondateurs de notre syndicalisme artisanal du bâtiment. Au moment où nous allons l’accompagner une dernière fois, ce sont les trois facettes d’un personnage exceptionnel que je voudrais évoquer ici pour que nous gardions de lui quelques images fortes dont j’encourage les plus jeunes d’entre nous à s’inspirer, comme modèle d’une vie faite de courage et d’abnégation. L’ami d’abord ; l’homme de cœur, généreux, attentif aux autres, plein d’une pudeur qu’il essayait parfois de masquer par une rudesse du verbe qui ne trompait personne. Nous qui l’avons connu dans un milieu syndical où l’altruisme et la bonne volonté au service des autres ne sont pas de vains mots, nous savons combien d’énergie il a pu consacrer à ses collègues artisans. Je sais qu’il a agi de même avec sa famille dont nous partageons la peine, une famille qu’il chérissait et dont il assumait si bien la fonction de patriarche, avec tous ses proches, avec ses compagnons d’atelier et bien sûr avec ses apprentis dont il était si fier, auxquels il savait tout donner. Une discussion avec lui, parfois animée, parfois passionnée, ne laissait jamais indifférent et je connais des générations de militants syndicaux qui ont été marqués par sa personnalité, sa stature qui en imposait sans jamais écraser l’autre ou l’humilier. Peut-être s’agissait-il de ce qu’on appelle parfois, un brin admiratif, « la classe », celle qui permet de forcer le respect sans empêcher le mouvement de sympathie, et d’amitié. J’ai d’autant moins de mérite à rappeler ces quelques traits de la riche personnalité d’André qu’il me rappelle un autre ancien, trempé du même acier et auquel je dois beaucoup : mon père. Il appartient à une génération qui a connu toutes les rigueurs et les difficultés mais qui, dans l’adversité, nous a forgé des hommes pour qui les valeurs morales et les sentiments du cœur primaient toute autre considération. C’était un homme de bien, un cœur pur, aurait dit Joseph KESSEL. Comment passer sous silence l’homme de métier, grand professionnel du fer et du métal, meilleur ouvrier de France,, dont il était fier sans jamais s’en prévaloir. Maître artisan serrurier-métallier, comme un autre grand de notre syndicalisme : Marcel LECOEUR, il maîtrisait son métier à la perfection, ce qui lui valait la considération de ses clients, ses compagnons et aussi ses collègues artisans du bâtiment pour lesquels il se dépensait sans compter. Il aura exercé sons métier pendant près de 70 ans, puisque apprenti dès l’âge de 12 ans, il ne cessera de fréquenter l’atelier, son atelier, que dans les toutes dernières années d’une vie de professionnel respectueux de la tradition du métier, (la ferronnerie, à cet égard, lui a permis d’exercer ses talents d’artisan et d’artiste). Mais aussi obsédé par les techniques nouvelles et les évolutions de la profession, pour aller vers de nouveaux marchés. Qui ne se souvient de ses interventions d’avant garde pour convaincre ses collègues que l’avenir était dans l’aluminium pour la menuiserie ? Qui pourrait oublier son vibrant plaidoyer pour le marché de la véranda ? Mais l’homme de métier, je l’ai dit, savait être généreux et disponible pour les autres. Je retiendrai, à cet égard, une seule image pour illustrer cette générosité : celle du maître d’apprentissage : combien d’ouvriers ou même d’artisans serruriers-metalliers, combien de gamins, comme il se plaisait à les appeler lui doivent de bien connaître leur métier. Plus d’une soixantaine, je crois. Je sais qu’il avait fait de sa fonction pédagogique en direction des jeunes une mission fondamentale, un sacerdoce, auquel il n’a jamais cessé de croire. Il était dépositaire d’une connaissance, il n’avait qu’un souci : la partager, pour continuer à la faire vivre. L’ami ; le professionnel ; et puis, tout naturellement, le syndicaliste, ce qui n’est pas la moindre de ses vocations. Etre un grand militant syndical ne s’improvise pas, il faut réunir des qualité humaines et des compétences professionnelles exemplaires : voilà pourquoi André a marqué durablement la CAPEB de son empreinte. Son nom, comme celui des autres pionniers, homme d’exception : CHEMIN, BISSON , POTHIER, LECOEUR, MARTEL, est étroitement lié à l’histoire de la CAPEB. Imagine-t-on parcours plus complet et plus riche ? Membre fondateur de la CAPEB des Vosges, en 1946, dont il conservera la présidence jusqu’en 1990 ; Par cette mission d’élu de la base, il a voulu sans cesse manifester son souci de rester proche des collègues sur le terrain, pour les aider. Mais il avait aussi la trempe d’un dirigeant national et c’est en 1949 qu’il accède au conseil d’administration confédéral où il assurera assidûment sa mission jusqu’en 1988, avant de devenir membre d’honneur de la Confédération, marque de reconnaissance très rarement accordée à la CAPEB. Mais, cette reconnaissance ne s’arrête pas à la CAPEB, puisque à plusieurs reprises, la Nation a salué son action par distinctions prestigieuses : officier de la Légion d’Honneur, Chevalier de l’ordre national du mérite, médaille de vermeil de l’enseignement technologique, entre autres, excuses du peu ! Pourtant, il n’a jamais fait état de ces titres. Mais André était l’intégrité faite homme ; c’est donc tout naturellement qu’on lui confie de 1972 à 1981, le poste de trésorier confédéral, si délicat et si important sur le plan de la rigueur et de la confiance. Mais ses compétences multiples ne s’arrêtent pas là puisqu’il a assuré pendant plusieurs années la présidence de l’union de la serrurerie-metallerie à laquelle il a contribué à donner ses orientations modernes pour un métier d’avenir. Je ne citerai pas ses diverses autres responsabilités syndicales trop nombreuses pour être toutes rappelées ici, mais je peux dire, sans flatterie aucune, qu’il les a toutes assurées avec rigueur et un respect total de la mission que lui avaient confiée les gars du terrain. C ‘est du terrain précisément qu’il tenait sa légitimité, il le savait, et il n’a jamais dérogé à cette règle qui veut qu’on assure notre mission syndicale uniquement pour servir ceux qui ont fait confiance. Il faut le dire clairement : avec André, la confiance des artisans était bien placée. Fidèle à ses engagements, il a consacré un temps et une énergie considérables, à l’enseignement professionnel auprès des jeunes, non seulement dans son entreprises, je l’ai dit, mais aussi dans toutes les instances professionnelles en charge de la formation initiale. Il faut retenir cette image d’un homme obsédé par la transmission du métier dans le souci d’assurer la pérennité de la profession et de contribuer au dynamisme de l’artisanat du bâtiment. La CAPEB et les artisans lui doivent beaucoup et je puis vous assurer que dans les discussions que nous avons souvent entre nous à la Confédération, entre jeunes responsables et plus anciens, il n’est pas rare que nous évoquions la figure d’André VALENTIN, sa présence forte, ses idées décapantes, ses coups de gueule légendaires par lesquels il savait remettre les choses à leur place. André VALENTIN nous quitte, quelques mois avant le 50ième anniversaire de la CAPEB et nous regretterons qu’il n’ait pu, figure emblématique de notre syndicalisme, venir une dernière fois nous dire combien son combat et son dévouement à la cause du bâtiment, il nous les transmettait un peu comme héritage. Il occupera, c’est certain, dans l’évocation de l’histoire de la CAPEB, une place considérable. Nous penserons fortement à lui, ce jour-là, et nous aurions aimé entendre de sa part, à cette occasion, quelques paroles de sage pour nous exhorter à poursuivre notre mission. Je suis sûr qu’il aurait commencé » comme çà : Allez les petits gars, on ne va pas se laisser abattre, l’avenir est devant vous, nous avons des métiers merveilleux, alors, battons-nous pour les défendre et les enrichir ». J’entends sa voix et sa rage de vaincre, elles resteront encore longtemps dans nos mémoires. Son humour aussi, parce que, avec ses amis, il savait être facétieux et enjoué. André, c’était tout à la fois la rigueur du travail bien fait, le sérieux dans les missions pour les autres mais aussi une chaleur humaine et une simplicité qui faisaient qu’irrésistiblement on était fier d’être son ami. Et nous sommes un certain nombre à l’avoir été, à avoir appris à ses côtés, à son exemple le sens des responsabilités, du respect de l’homme et celui du travail bien fait. Aujourd’hui, André, tu as décidé de nous quitter, nous sommes tristes comme le sont tous les hommes lorsqu’ils perdent un ami. Mais à notre peine se mêle un sentiment de fierté, celle d’avoir fait un bon bout de chemin à tes côtés ; à toi qui nous a tant donné et qui, quelque part, restera présent près de nous, nous sommes venus simplement te dire : au revoir, André. Discours de Monsieur BUGUET Président en exercice de la CAPEB.
Robert BUGUET, le
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